Suite à l’Assemblée Générale d’Opendata France le 14 novembre dernier à Toulouse, nous avons posé cinq questions à Laurence Comparat la Présidente nouvellement élue.

Dites-nous qui vous êtes ?

Je suis Adjointe au Maire de Grenoble, en charge de l’Accès à l’information, l’open data, les logiciels libres, et l’Administration générale. La mise en place d’une politique d’ouverture des données publiques faisait partie des objectifs politiques affichés en 2014, autant par la Ville de Grenoble que par la Métropole. C’est tout naturellement que nous avons adhéré dès 2015 à Opendata France, qui nous a beaucoup aidés dans la mise en place de notre démarche open data. Nous investir dans l’Association, en rejoignant le CA et en candidatant à la Présidence, est donc un juste retour des choses.

Je tiens d’ailleurs à remercier les pionniers qui ont créé puis animé ODF ces dernières années, et en particulier Bertrand Serp qui à la Présidence de l’association a été un infatigable ambassadeur de l’open data, et qui l’est toujours !

 

Quelle est la vision de l’association pour votre mandat ?

L’Assemblée générale a fixé des objectifs ambitieux :

  • Continuer à accompagner les acteurs locaux dans leurs démarches d’ouverture des données publiques, en continuant la dynamique impulsée via le projet OpenDataLocale et en proposant des formations aux agents et aux élus locaux
  • Lancer le projet QUALIDATA, Plateforme de qualification des données publiées en open data, afin de faciliter la réutilisation des données ouvertes
  • Mettre en place un Observatoire de l’open data dans les territoires via une plateforme de collecte, d’analyse et de présentation des données publiées en open data dans les territoires.

Tout en poursuivant bien entendu les activités de l’association telles que prévues dans nos statuts :

  • Rassembler les acteurs institutionnels engagés dans l’open data
  • Représenter les collectivités territoriales « ouvertes » auprès des institutions et de la société civile
  • Défendre les intérêts des membres et de l’open data
  • Aider les membres et les nouveaux entrants
  • Partager des ressources : veille, documents de références, outils,
  • Co-produire des supports, des projets, des animations

Nous avons donc du pain sur la planche !

 

Quelles relations entre les collectivités, l’État, le monde économique… ?

Nous devons consolider le rôle d’Opendata France comme ambassadeur de l’open data en France, en renforçant les partenariats actuels (Interconnectés, Ville-Internet, AFIGEO, AFIGESE ; Etalab, ministères, acteurs économiques), mais aussi en élargissant nos réseaux en direction des entreprises et acteurs privés (perspectives SmartData), et le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche.

A travers les démarches d’ouverture des données sur nos territoires, nous devons également nous emparer de la dimension sociétale de l’open data (citoyenneté, inclusion sociale, développement durable, éthique, self-data).

Pour cela, l’équipe de direction sera renforcée en nommant au sein du Conseil d’Administration des Vices-présidences pour porter ces différentes thématiques.

 

Comment percevez-vous l’open data aujourd’hui ?

Nous avons d’une part une montée en puissance de nouveaux acteurs au sein de l’opendata, poussés par les réformes législatives et l’obligation d’ouverture des données pour les collectivités de plus de 3 500 habitants. Je tiens à ce propos à saluer l’investissement de collectivités plus modestes – en taille mais pas en ambition ! – au sein de notre CA, Digne-les-Bains et Castelnaudary.

D’autre part, les pionniers de l’open data en France continuent à innover : projet de service public métropolitain de la donnée à Rennes, projet SelfData à Lyon, Qualidata avec Toulouse Métropole…

Grâce à Opendata France qui fédère ces différents acteurs, nous avons une impulsion globale qui tire tout le monde vers le haut.

En parallèle, on voit que la question de la donnée occupe de plus en plus le débat public, sort des comités d’experts, et que les citoyens s’en emparent, notamment en se préoccupant de plus en plus de la protection de leurs données. C’est une excellente chose, mais aussi une interpellation pour nous, collectivités locales qui mettons en œuvre des politiques publiques sur cette question de la donnée : nous allons devoir proposer des modalités d’interventions publiques sur ces questions.

 

Dans 5 ans, quel succès aimeriez-vous constater dans le champ de l’open data ?

J’aimerais qu’au sein de nos collectivités, la question de l’ouverture des données deviennent un réflexe, que l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques intègrent spontanément la dimension open data. Cela implique autant les élus que les agents, qui doivent pour cela monter en compétence sur ces questions.

Et bien sûr, j’aimerai constater que nos données sont de plus en plus utilisées, par les acteurs économiques, la recherche, les citoyens, les journalistes… mais aussi par la puissance publique : réutiliser les données d’une autre administration, cela revient à améliorer le service public. Autant qu’à rendre nos données accessibles, nous devons penser à utiliser celles des autres !