L’ouverture des données d’agenda génère une rationalisation profitable à la collectivité comme à son écosystème culturel. Au delà de sa meilleure diffusion à l’échelle du territoire, c’est une donnée qui contribue à générer de nouveaux services.

En région parisienne, les VTC et taxis utilisent l’application Olga, une app’ qui aide les chauffeurs à repérer les lieux où ils ont le plus de chances de « charger » des clients : aéroports, gares, sites touristiques, lieux de spectacles… L’application utilise des données de la SNCF et des aéroports de Paris mais aussi les horaires auxquels se terminent les concerts, spectacles et manifestations sportives renseignés dans la plateforme OpenAgenda.

Réutilisations par la PQR et les app’ de sortie

Cette plateforme a séduit de nombreuses collectivités (Beaugency, Est Ensemble, les Métropoles d’Orléans ou de Bordeaux, le Sicoval … Lire l’entretien avec Anne-Claire Dubreuil), institutions (ministère de la Culture, mission Frenchtech…) associations et structures culturelles. Elle facilite la saisie collaborative d’agendas, le partage des données et l’animation de communautés d’agendas à l’échelle d’un territoire. Publiées sur la plateforme OpenAgenda – et/ou sur la plateforme de la collectivité ou sur data.gouv.fr – ces données sont mises à disposition de tous les réutilisateurs. Elles sont notamment valorisées par la presse quotidienne régionale comme Le Parisien et diverses applications dédiées aux sorties culturelles. C’est le cas de Tootsweet (littéralement « tout de suite ») qui offre la possibilité de connaître l’ensemble des événements à venir autour de soi. On peut aussi citer Monument Tracker qui intègre, en complément de son guide des monuments, un agenda des événements locaux comme ici à Bordeaux.

Une rationalisation profitable aux collectivités

L’abondance des réutilisations des données sur les événements locaux ne doit rien au hasard. La rubrique « sorties » figure en effet dans le top des pages les plus consultées sur les sites internet des collectivités territoriales. C’est également un jeu de données facile à publier, sous réserve de se fonder sur le bon standard. « Nous privilégions la structure préconisée par schema.org qui intègre des métadonnées intéressantes (langue, horaires) au format .ics, utilisé par les agendas bureautiques » précise Romain Lange, fondateur d’OpenAgenda. C’est enfin un jeu de données qui fait consensus. C’est par exemple le jeu de données prioritaire identifié par Redon Agglomération pour fédérer la démarche OpenData de ses 31 communes membres. Il faut dire qu’il fait partie des plus dupliqués : la rationalisation de sa saisie génère des économies sensibles pour les collectivités territoriales. « A Est ensemble, une personne était mobilisée à temps plein pour éplucher sites, newsletters, publications papiers des partenaires et associations locales… Il lui fallait ensuite les ressaisir, rechercher des photos, passer des coups de téléphone pour compléter les informations manquantes » explique Benoît Mougne, directeur de la communication d’Est ensemble. Désormais, la collectivité comme ses partenaires passent par un back office commun et un formulaire harmonisé, évitant les redondances et les erreurs liées aux ressaisies.

Une ouverture des données d’agenda à consolider

Côté réutilisateurs, la principale difficulté est de trouver les « bonnes sources », c’est-à-dire celles qui proposent des jeux de données de qualité (fraîcheur, complétude…) couvrant un large territoire. Aujourd’hui, en dehors d’OpenAgenda et d’OpenDataSoft, ces gisements « massifs » sont à rechercher du coté des systèmes d’information touristiques (SIT) régionaux qui gèrent des données d’acteurs soumis à l’obligation d’ouverture (OTSI, musées publics…). Derrière ces SIT se trouvent des plateformes comme Apidae ou Tourinsoft qui opèrent plusieurs SIT régionaux et/ou départementaux. Les réutilisations sont cependant soumises à conditions : identification, données ou API en partie payantes, selon une logique éloignée de l’open data. Lancé en 2018, le portail Datatourisme vise à agréger les données des SIT dans un portail national. C’est une avancée intéressante mais il restera à assouplir les conditions d’accès aux données. Le modèle est cependant en train d’être bousculé avec la publication de données touristiques pleinement ouvertes (certaines restituées par le SIT…) sur des plateformes comme Visitprovence, Datasud, Tourisme62 ou Data-tourisme-bretagne. Il restera ensuite à produire une base de données événementielle véritablement 360°, qui intègre non seulement le tourisme, mais aussi les verticales métiers – culture, sport, vie associative – pour simplifier la vie des réutilisateurs (lire l’entretien avec Evelyne Sorasio) et favoriser l’émergence de nouveaux usages. A l’image d’Olga qui utilise les données évènementielles pour une finalité métier éloignée des loisirs.